Quels risques opératoires ?

Quels risques opératoires ?

Cette article reprend les termes d’un document remis aux patients avant une intervention chirurgicale, ceci afin qu’ils bénéficient d’une information objective et compréhensible sur les risques à se faire opérer. Vous ne devez toutefois pas être effrayé des risques décrits qui sont pour la plupart exceptionnels. Il est cependant indispensable qu’un patient bien informé accepte de courir ces risques si l’intervention n’est pas indispensable à son état de santé.

Un des buts de notre consultation est donc d’évaluer le rapport bénéfice / risque afin de poser les bonnes indications opératoires. Tout acte médical, même bien conduit, recèle un risque de complications. Il peut s’agir de :

La perte d’un amalgame (plombage) ou le descellement d’une couronne : l’extraction de la dent de sagesse implique l’utilisation d’un instrument qui s’appuie parfois sur la dent jouxtant la dent de sagesse. Un amalgame trop gros ou ancien, une couronne mal scellée peuvent subir des dommages. La deuxième molaire peut être parfois mobilisée.

Une diminution ou une perte de la sensibilité de la lèvre inférieure : le nerf alvéolaire inférieur chemine à l’intérieur de la mandibule en passant sous les racines des dents. Lorsqu’il est au contact des racines de la dent de sagesse il peut être lésé. Il s’ensuit alors une perte de la sensibilité de la lèvre inférieure  du côté atteint, temporaire ou exceptionnellement définitive.

Une infection des tissus mous de la joue (cellulite) peut survenir quelques jours à quelques semaines après l’extraction. Elle cède par un traitement antibiotique adapté.

Une alvéolite, c’est-à-dire une infection de l’alvéole dentaire (orifice laissé libre après l’extraction). Elle est liée parfois à l’échauffement de l’os lors du dégagement de la dent. Cette alvéolite survient quelques jours voire 3 semaines à 1 mois après le geste. Elle se caractérise par des douleurs surtout nocturnes non calmées par des antalgiques habituels, et nécessite des soins locaux sous anesthésie locale.

Une fracture de l’angle de la mâchoire (exceptionnel) qui peut nécessiter de bloquer la mâchoire en position fermée pendant quelques semaines ou d’opérer en mettant en place une plaque et des vis.

Une perte de la sensibilité de la langue du côté de la lésion car le nerf lingual situé au contact du bord interne de l’angle de la mandibule peut être atteint par un instrument lors de l’extraction. Cette perte de sensibilité est le plus souvent temporaire (quelques jours à quelques semaines) ou exceptionnellement  permanente.

Une névralgie est une douleur d’apparition spontanée, vive et donc très gênante qui peut être secondaire à la lésion partielle d’un nerf. Si le nerf alvéolaire inférieur a été lésé, la douleur vive irradie dans les dents antérieures et/ou la lèvre inférieure. Si c’est le nerf lingual qui est abîmé, la douleur irradie dans la moitié de la langue. Ces douleurs sont très difficiles à traiter et durent parfois très longtemps. Elles sont heureusement très exceptionnelles.

Une communication entre le sinus maxillaire et la bouche ; la dent de sagesse supérieure est au contact même du sinus maxillaire. Son extraction entraîne fréquemment une communication bucco-sinusienne qui se ferme spontanément en 15 jours à 3 semaines. Une persistance au-delà justifie un traitement chirurgical adapté.

La rupture d’un instrument notamment lors de l’extraction de la dent de sagesse supérieure avec chute du fragment dans le sinus maxillaire ou blessure de la muqueuse.

La persistance de racines : certaines dents de sagesse, surtout inférieures, ont parfois des racines difficiles à extraire, de surcroît très proches du nerf alvéolaire inférieur. La volonté d’extraire à tout prix un fragment de racine fracturée peut constituer un danger pour le nerf tout proche. Le « mieux étant souvent l’ennemi du bien », il est parfois préférable de laisser ce fragment. Il n’y a aucune suite dans la plupart des cas.

La nécrose (mort) de la molaire jouxtant la dent de sagesse peut survenir lorsque l’extraction a été difficile, dans les semaines ou les mois suivants, et nécessiter une dévitalisation de cette molaire. Elle se révèle par une infection de cette dernière ou des douleurs à la mastication et/ou à la percussion de la dent.

La luxation de la dent de sagesse supérieure en haut dans le sinus maxillaire peut arriver. Elle peut justifier lorsque l’on opère sous anesthésie générale d’ouvrir le sinus par une incision au dessus de la canine supérieure pour récupérer cette dent afin d’éviter l’apparition d’une sinusite. De même, la luxation de la dent de sagesse supérieure en arrière dans la fosse infra-temporale peut entraîner des douleurs ou une infection. Toutefois, l’abord chirurgical de cette région étant très complexe, la dent est généralement laissée dans la fosse infra-temporale.

Il faut souligner que ces complications sont peu fréquentes et sont souvent le résultat de conditions anatomiques particulières repérées par le chirurgien lors de la consultation.

Philippe Ducommun

Dr. Philippe Ducommun

Diplômé de la Faculté de Médecine de Paris, je suis stomatologiste à Juvisy et expert près la Cour d’Appel de Paris. Je suis aussi membre de la Compagnie des Experts Médecins près les cours d’Appel de la Région Parisienne. Vous pouvez me contacter pour une expertise.

Si vous êtes un magistrat, un avocat, une compagnie d’assurance, une victime… et que vous avez besoin d’une expertise médicale en stomatologie ou chirurgie maxillo faciale, vous pouvez contacter le Dr. Philippe Ducommun.